Homélie du Père Eloi avant son départ : retour sur neuf années à Puget-Ville

Homélie du Père Eloi avant son départ : retour sur neuf années à Puget-Ville

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 Dans son homélie de la messe en action de grâce du dimanche 14 juillet, le Père Eloi Legrand qui part fin aôut à Lourdes est revenu sur le chemin parcouru au sein de la paroisse depuis son arrivée à Puget-Ville.

"Cette messe est l’occasion de remercier le Seigneur pour mes 9 années passées à Puget-Ville et toutes les grâces reçues pour l’édification de l’Eglise et de notre communauté chrétienne.

Je commencerai par des grâces qui me concernent directement et dont vous avez été les témoins. Je suis arrivé comme diacre, puis j’ai été ordonné prêtre et ai célébré ma première messe dans cette Église, puis j’ai été nommé curé et enfin j’ai fait profession comme franciscain séculier. Merci Seigneur pour toutes ces grâces vécues ensemble.

J’évoquerai plus spécifiquement mes 6 années de curé. J’ai mission, envoyé par l’évêque, comme mes prédécesseurs, de gouverner, de sanctifier et d’enseigner la petite portion sur Puget-Ville de l’immense peuple de Dieu.

Dès le début, j’ai pu vous dire les enjeux de notre communauté en lien avec le contexte de notre société et de notre Eglise. Il s’agissait non seulement d’accompagner la vie quotidienne de chacun de ses membres mais surtout de préparer l’avenir. Face à une communauté vieillissante, il s’agissait de la renouveler, de la rajeunir, de renforcer sa Foi et sa capacité de la transmettre.

Face au contexte de notre société : aux changements moraux déjà importants, et dont nous avons assisté à l’accélération depuis 2010. Il s’agit d’une véritable révolution morale qui nous éloigne de la vérité révélée par le Christ. Nous avons pu traverser ensemble les grands débats et combats de la loi du mariage pour tous, prélude des lois licencieuses qui suivent aujourd’hui comme celles annoncées sur la PMA pour toutes, la GPA, la théorie du genre déjà imposée dans le programme d’éducation des enfants et la légalisation de l’euthanasie. Que de changements : le Seigneur est cantonné à la dernière place de notre société. Le travail le dimanche est promu rendant plus difficile sa sanctification. L’esprit de service et de sacrifice est remplacé par le Dieu Argent et le consumérisme.

Face au contexte des bouleversements dans l’Église : Ici même dans la sacristie, j’ai toujours été marqué par la longue liste des curés qui se sont succédés depuis 1400 ! Comment les Pugétois pourraient-ils croire qu’un jour les choses changent. Pendant 6 siècles, l’Eglise a donné fidèlement des curés à Puget-Ville. Pourquoi cela changerait-il aujourd’hui ? C’est vrai, rendons d’abord grâce à Dieu pour sa fidélité, pour ma présence comme curé et pour l’arrivée de mon successeur. Et pourtant, n’importe où ailleurs en France, non seulement un village de cette taille serait sans prêtre et la messe n’y serait plus célébrée, mais encore, le Seigneur n’habiterait plus le tabernacle par sa présence réelle et l’Eglise serait carrément fermée. Oui, notre diocèse échappe à la pénurie des prêtres et des séminaristes mais elle n’échappera pas à la crise car celle-ci est trop importante (tant de lieux manquent de prêtres en France et les chrétiens peinent à sortir de la confusion et du relativisme doctrinale). Veillez et priez nous prévenait le Christ pour toutes les générations.

Notre réponse : Notre Espérance est indéfectible : le Christ qui est le même hier, aujourd’hui et demain ! La communauté chrétienne est unie à travers les générations par une unité de foi et de mœurs. C’est pourquoi, partant des 4 parties du Catéchisme nous avons pu étudier les vérités essentielles de la Foi et des mœurs à travers les écritures et les documents du magistère. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique et ses 4 parties: CREDO – 7 SACREMENTS – 10 COMMANDEMENTS – LA PRIERE (le Notre Père)

Notre paroisse est consacrée depuis plus d’un siècle au Sacré Cœur comme nous le voyons par la présence de la statue du Christ dans le chœur.

Le centenaire des apparitions de Fatima a été l’occasion d’étendre la consécration de notre paroisse à Saint Michel Archange et au Cœur Immaculé de Marie par l’affiliation à l’œuvre pontificale de l’archiconfrérie de Notre Dame de Victoire. Le curé d’Ars, en son temps, avait déjà consacré sa paroisse au Cœur Immaculé. La très sainte vierge Marie est plus que jamais établie gardienne de notre paroisse.

Rendons grâce pour toutes ces facilités dont nous bénéficions qui sont le fruit du legs de nos aïeux, notamment cette belle Église dans laquelle nous célébrons le Seigneur. Merci pour la réfection et l’agrandissement de notre salle paroissiale. Merci pour la rénovation et l’aménagement de notre presbytère. Merci pour le renouvellement et l’embellissement du matériel liturgique comme les chasubles.

Pour ne pas oublier de rendre grâce, je pense souvent à un confrère prêtre Africain qui avait été nommé directeur d’un établissement scolaire. Pour cette mission, son évêque lui avait donné un magnifique terrain. Des élèves, il en avait autant qu’il en voulait. Mais, il lui restait encore à construire une école, à engager des professeurs et à trouver les financements. Ne soyons pas ingrats, remercions le Seigneur de tous ses bienfaits et prenons soin des dons qui nous sont confiés.

Rendons grâce pour le changement visible de la moyenne d’âge de notre assemblée. Ce qui aura été pour moi le cap le plus significatif dans cette évolution est la présence active de jeunes pères entourés de leurs familles. Car comment des enfants pourraient-ils croire en la primauté de Dieu (1er commandement) si les papas sont absents et si les époux ne manifestent pas ensemble la vie de leur sacrement de mariage dans les célébrations eucharistiques. Alléluia merci Seigneur.

Rendons grâce pour le chemin d’évangélisation avec ses premiers pas grâce au Parcours Alpha et au porte-à-porte. Puis, aujourd’hui, principalement par capillarité : car une fois que le message de l’évangile est assimilé comment ne pas naturellement le transmettre à notre entourage.

Rendons grâce à Dieu car notre communauté s’est familiarisée avec la vie d’Eglise en lien avec son évêque grâce à la messe chrismale à la Cathédrale, aux ordinations à la Castille, au pôle missionnaire de notre doyenné, au triduum et à la veillée pascale inter-paroissiale. La vie de notre paroisse a étendu ses liens fraternels au-delà du centre-ville et de ses hameaux.

Suit maintenant le rappel de toutes sortes d’enseignements, d’expériences, de rencontres et de moments qui ont marqué ses dernières années. Autant d’occasions d’action de grâces pour notre Seigneur.

CREDO :

Un des soucis majeurs a été bien sûr la question du Salut. Nous avons été créés pour le Ciel. Les enseignements sur les réalités surnaturelles ont donc ponctué progressivement mais constamment notre route.

Le ciel et les saints nous sont maintenant familiers. Les retraites de septembre sur les anges, la Toussaint et le mois de novembre sur les saints et le purgatoire. Les enseignements du carême sur le combat spirituel, la lutte contre notre ennemi, Satan, qui veut nous entraîner en enfer. Et ceux du temps pascal pour contempler la victoire définitive du Christ sur la mort et le péché.

Merci Seigneur pour les jeudis de la Castille, les conférences, les retraites, les enseignements, les livrets et livres qui ont nourri l’intelligence de notre foi. L’école de la Foi, les week-ends Esprit Saint. Merci de nous avoir poussés à étudier et à approfondir notre foi.

10 COMMANDEMENTS :

Service de la Vie et de la famille : Merci Seigneur pour les veillées pour la vie et les témoignages de ton action dans notre communauté. Merci pour tes interventions qui ont permis des naissances miraculeuses ou des guérisons. Nous avons pu notamment célébrer et nous former pour les 50 ans d’Humanae Vitae sur la grave erreur et le péché de la contraception. La dissociation de l’union et de la procréation entraîne les graves maux du plaisir égoïste, de l’avortement et de la procréation médicalement assistée, et éloigne l’homme du mariage chrétien et de la réalité naturelle que Dieu a institué pour le bonheur de l’homme.

Merci pour toutes les entraides et les services de charité dans la rude tâche de l’éducation des enfants. Merci pour les dons de force grâce à la prière commune lors des épreuves plus lourdes à supporter.

Choisis la vie nous demande le Seigneur. Oui à la culture de vie contre la culture de mort. Il nous a été rappelé l’enseignement du Christ sur l’absolue interdiction pour le chrétien de l’avortement et de l’euthanasie. Rappelé aussi le grave devoir de gérer nos biens et notre temps pour le bien commun. Merci Seigneur, tu es le Dieu de la Vie. Tu es la Vie, tu es la Paix.

SACREMENTS :

Rendons grâce pour la vie sacramentelle et de prière :

Merci pour les baptêmes d’enfants dans nos assemblées dominicales (dont certains par immersion) mais aussi pour les baptêmes d’adultes lors de veillées pascales qui nous ont plongés aux sources de notre vie de grâce.

Merci pour les confirmations et les premières communions d’adultes qui nous ont aussi rappelé que l’appel du Seigneur se fait à tout âge. Quelle joie pour tant de personnes parmi vous d’avoir découvert par la préparation au sacrement de la confirmation ou par le parcours Alpha, l’existence bien réelle de l’Esprit Saint, la troisième personne de la Trinité.

Quelle joie et quelle paix de purifier sa conscience et de pouvoir sans cesse la travailler en recevant la grâce du pardon de Dieu dans la confession.

Pour plusieurs d’entre vous, cela a été la redécouverte du mariage sacramentel après des années de concubinage ou de mariage civil, l’alliance du Seigneur avec des époux, que cela est grand ! Merci Seigneur.

Le catéchisme pour les enfants a pu s’unifier et permettre notamment une préparation de la première communion de grande qualité avec le témoignage et l’aide de communautés religieuses de notre diocèse : les Sœurs de la Consolation à Draguignan, les Carmélites de l’Enfant Jésus à Sanary ou les missionnaires de l’Eucharistie à Saint Maximin.

Merci pour le pèlerinage des collégiens à Lourdes qui fortifie notre petite aumônerie des jeunes.

Mais surtout MERCI SEIGNEUR d’avoir conduit notre communauté vers le sommet de notre foi, le saint sacrifice de la messe et l’adoration du très Saint Sacrement. La formation à la liturgie et le respect de sa discipline, son déploiement en fonction des temps liturgiques, les gestes d’adoration marqués par le silence sacré, l’agenouillement et des temps de veille de nuit. Oui, Dieu est loué et adoré dans son Eglise ici à Puget-Ville. Notre communauté chrétienne est une communauté adorante. Elle Le loue par des hymnes (les louanges du samedi) ou des psaumes (laudes et vêpres). Merci Seigneur. Certes bien du chemin reste à faire, persévérons et notamment continuons à demander au Seigneur d’éclairer les consciences pour que seules les personnes en état de grâce communient à son très Saint Sacrement pour ne plus l’offenser.

VIE DE PRIERE :

Faisons mémoire et rendons grâce pour toutes les formes de prières que notre communauté a intégrées maintenant. Le chapelet avant nos messes dominicales et tous les jours du mois du rosaire. La prière « avec nos pieds » lors des pèlerinages des pères et des mères. Le recueillement par le silence habité de la présence de Dieu. L’écoute de la parole de Dieu et la connaissance de notre histoire sainte et de ses alliances à travers les homélies.

Le ressourcement dans des lieux de grâces tels que les retraites dans les foyers de charité de Marthe Robin, les retraites de Saint Ignace, les temps de désert dans les monastères des sœurs de Bethléem ou des moines de Lérins, chez les dominicains de la Sainte Baume, chez les frères de Saint Jean à Cotignac, ou à la communauté Eucharistein à Comps sur Artuby. Merci Seigneur pour toutes ces communautés qui offrent des oasis de prières sur notre route.

Merci pour les processions à nos chapelles de Saint-Louis et de Sainte-Philomène qui nous mettent sur les pas de nos aïeux dans la foi. Merci pour la force du chant grégorien, prière séculaire de l’Eglise que nous redécouvrons lors de nos messes dominicales à l’Eglise ou à la chapelle Sainte-Philomène.

Nous sommes forts de la prière, merci Seigneur. La prière nous donne les armes pour le combat de notre temps. La prière, le jeûne, l’aumône que le Christ nous enseigne nous garde uni à Lui malgré les épreuves.

Nous connaissons les prières de délivrance : « délivre-nous du mal » prions-nous, l’eau bénite, les demandes de guérison par l’eau de Lourdes ou l’huile du Laus. Notre raison affermit dans la foi sait aussi combattre les fausses idées ou idées séduisantes comme les réalités occultes ou magiques, les voyants, l’esprit zen ou le bouddhisme, la franc-maçonnerie et son réseau égoïste et tant d’autres écoles de pensées ésotériques.

Merci Seigneur car nous sommes capables de dire à un musulman que nous avons le même Créateur, mais nous sommes aussi capables d’annoncer un Dieu bien différent car nous croyons en Dieu Trinité, Père, Fils et Saint Esprit. Merci Seigneur parce que les témoins de Jéhovah sont surpris de rencontrer des catholiques capables de leur répondre, de leur rappeler la vérité du Christ qui est vrai Dieu et vrai homme.

Enfin rendons grâce pour la CHARITE et l’ENTRAIDE :

Merci pour le service des aînés à la résidence Sainte-Philomène et pour les rencontres Longo Maï et tous ses pèlerinages de Ste Roseline à Paray le Monial.

Merci pour les beaux accompagnements à la mort de nos aînés mais aussi de notre benjamine Zélie et des funérailles qui ont suivi.

Merci pour toutes les grâces que les personnes vivant le handicap nous ont permis de vivre avec Marie France et Edgard et d’heureuses surprises avec Victor  et Simon. Pour le temps fort du pèlerinage diocésain à Lourdes.

Merci pour la création par des paroissiens d’une association (antenne nationale de l’œuvre internationale) Mary’s Meals qui soutient tant d’enfants affamés par l’incitation à la scolarisation en offrant leurs déjeuners pris à l’école.

Merci pour la sensibilisation à la vie des personnes incarcérées grâce à l’animation des messes en prison.

Merci pour la dîme que notre paroisse verse en partage chaque année en la fête Patronale du 8 décembre pour un diocèse pauvre du Togo, pour le soutien des chrétiens persécutés au travers de l’œuvre pontificale AED et pour le sanctuaire de Lourdes où la Très Sainte Vierge Marie est honorée en son Immaculée Conception.

Et pour toutes les nouvelles grâces à venir, pour tes prévenances et tous tes bienfaits, merci Seigneur."

1 Comments
  1. Date: août 4, 2019
    Author: Jules BUDZYNSKI

    Ni excès de piété ni silence ! La nécessaire éducation religieuse des enfants doit se faire de façon mesurée et adaptée Nous le savons bien, toute éducation tout comme l'éducation religieuse réside dans la juste mesure, ou plutôt dans la mesure adaptée à chacun de nos enfants. De plus, ils sont eux-mêmes aussi changeants et nous sommes amenés à prendre en compte ce facteur supplémentaire en adaptant sans cesse notre manière de faire et de dire. Dans le domaine de l’éducation religieuse, un excès de piété des parents, des formes trop ostentatoires de manifestation de la foi, de trop longs temps consacrés « aux œuvres », aux côtés de tel prêtre, dans telle communauté religieuse, une littérature spirituelle débordante sur tous les guéridons ou sur toutes les tables des maisons tout cela n’augure en rien de beaux lendemains de conversion pour nos enfants. La foi se transmet. Rappelons ici l’exhortation de Paul VI affirmant que la tâche principale des laïcs (et donc des parents) n’est pas le développement des institutions ecclésiales, mais le domaine « vaste et compliqué » de l’éducation, de la culture, de l’amour, de la famille, de tous ces domaines profanes dans lesquels nous devons avoir un comportement chrétien transparent mais non écrasant. Inversement, nous ne pouvons pas toujours éteindre nos convictions. Ce n’est pas respecter nos enfants que de penser qu’ils doivent découvrir par eux-mêmes les choses de la foi. Certes, Dieu parle au cœur de chacun et comme Il le veut. Mais, Il nous a donné une mission d’éducateurs. Et l’éducateur est celui qui parle, qui enseigne. Notre foi est une Révélation. Elle se reçoit, elle se transmet, elle ne découvre pas seulement pas soi-même. Semer la bonne terre. Le jeune que nous avons en face de nous pourra sans doute dire que tout cela ne l’intéresse pas ou qu’il n’est pas d’accord. Il aura, n’en doutons pas un seul instant, retenu nos paroles. C’est l’affaire de la Semence dont parle l’évangile ; Jésus ne nous demande pas de planter ou de transplanter des arbres entiers, comme on les voit surgir du jour au lendemain sur nos grandes avenues. Il nous engage à jeter de petites graines en la bonne terre. Et tous les enfants en sont ! C’est en Son temps qu’elles germeront…

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